Si le nom de Marco De Angelis n’eveille pour le moment absolument rien en vous, gageons que la sortie de ce second opus studio devrait pal-lier a cette meconnaissance de (‘artiste. Multi-instrumentiste, en charge de la basse (il est repute comme joueur de Chapman stick), des guitares et des claviers (seule la batterie et le saxophone ne sont pas de son fait), it avait precedemment realise The River – Both Sides Of The Story (2013), et a reus-si cette fois a s’entourer de plusieurs poin-tures pour le chant : Nad Sylvan (qu’on ne presente plus), Goran Edman (de Karmakanic), Robbie Wyckoff (du groupe de Roger Waters en live). Musicalement, la plupart des six compo-sitions de Next Station se rapprochent assez largement du Pink Floyd des annees 1970 et aussi plus legerement d’Eloy. Les rythmiques sont generalement mid-tempo, les arrange-ments tres fouilles avec une nette predilec-tion pour les bruitages de toutes sortes, et on trouve a plusieurs reprises des chceurs femi-nins appuyes. Quant a la dimension soliste, la guitare electrique, qui se taille la part du lion, est tres proche de celle de David Gilmour dans son rendu et son feeling, de I’entame saisissante a ces fulgurances capables de vous herisser les sentiments. Seul defaut, ils sont generalement trop brefs. Cette proximite est surtout troublante et confondante sur «Back Again», renforcee par la voix de Robbie Wyckoff. La basse de Marco De Angelis, tres presente, participe egalement de la personnalite unique de l’oeuvre : elle domine ainsi une bonne partie de la fin de la chanson «Freewill». Tres bien enregistre (Marco De Angelis fut longtemps producteur), (‘album alterne quatre morceaux compris entre cinq et sept minutes, et deux autres grimpant jusqu’a trei-ze et quatorze. Les premiers sont plus directs, distillant quelques melodies bien sen-ties (le federateur «Keep Going»), mais tou-jours avec un soin d’orfevre quant a I’enroba-ge des themes, d’autant que le format permet de ne pas se limiter a la simple repetition couplet-refrain (belle coda a la guitare acoustique sur «Keep Going», toujours). «A Proggy Night In London», la plus longue composi-tion, est une veritable plongee dans l’histoire de cette musique progressive dont Marco De Angelis s’est visiblement nourri. On pense a Genesis, surtout, a Marillion egalement, pas seulement en raison de la prestation de Nad Sylvan, bien que la guitare soit tres bluesy dans (‘esprit, mais du fait de certaines evoca-tions structurelles ou proximite de jeu de cla-viers. Attention toutefois, la proximite est davantage dans (‘esprit, car mise en son comme progression dramatique parviennent a etonner et a surprendre. Le titre eponyme, pour sa part, debute par une ouverture instrumentale aux echos legerement crimsoniens, et brille en particu-lier par ses chceurs ferninins tres nnelodieux et son splendide solo de saxophone dans une ambiance planante, un moment magique et trop court, encore une fois… Le bilan, a l’ecoute de ce Next Station, est fres positif, et si une certaine proximite est pal-pable avec I’univers musical d’un certain Steve Thorne, la puissance degagee par Marco De Angelis le place au-dela, mei-he si une impression persistante subsiste, celle d’un disque n’ayant pas exprime et epuise tout son potentiel.

Jean-Guillaume LANUQUE

Big Bang magazine Link:

Reviews Reviews station

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *